2016, année du boom de l’immobilier

La baisse des taux d’intérêt et une modération des prix du m2 ont permis au marché immobilier de redécoller fortement en 2016. Notaires et agents immobiliers ont acté près de 850 000 transactions. Du jamais vu depuis l’excellent cru de 2006.De mémoire d’agent immobilier, il faut remonter dix ans en arrière pour connaître une aussi bonne année. En effet, en 2016, les clignotants du secteur immobilier sont largement repassés dans le vert. Ainsi Orpi, premier réseau français, a enregistré un volume de ventes en forte hausse de 15 % par rapport à 2015. La tendance est similaire (+15 %) dans un autre grand réseau, Century 21 qui a dévoilé son bilan 2016 hier à Paris. Les notaires qui sont une source sûre puisque c’est dans leurs études que s’actent les transactions ont confirmé peu avant Noël la très bonne tendance du marché de la vente de logements.

Avec 838 000 transactions déjà bouclées à fin septembre, ils tablent sur un volume de 850 000 pour l’ensemble de l’année 2016. Pour faire aussi bien, il faut remonter en 2006 où 832 000 ventes avaient été conclues. Paris, Province, primo ou secondo accédants, seniors, investisseurs… le mouvement de reprise a concerné tout le pays et toutes les couches de la population. La baisse continue des taux des prêts immobiliers qui sont tombés entre 1,2 et 1,4 % (pour les meilleurs profils) en décembre pour un prêt sur vingt ans a déclenché une vague d’actes d’achats. En effet, l’établissement spécialisé Crédit Foncier a chiffré le gain de pouvoir d’achat immobilier à 29 % en huit ans entre 2008 et 2016. Les ménages peuvent désormais contracter un crédit immobilier sur vingt ans, sans apport, pour une mensualité de 1 000 euros afin d’acquérir un bien de 200 000 €. Même si le gain pouvoir d’achat immobilier s’atténue avec le tassement des taux voire leur légère remontée depuis fin 2016, pour 1 000 € par mois un Toulousain peut s’offrir un 73 m2 alors qu’un Montpelliérain gagne 4m2 de plus pour atteindre 77m2 contre seulement 59 m2 à Bordeaux et pire, 25 m2 à Paris.

Revers de la médaille, la dette immobilière des ménages atteint désormais 65 % du revenu disponible, contre 30 % en 2000 selon les chiffres officiels du ministère du Logement.

Baisse de prix en Midi-Pyrénées

La relative stabilité des prix du m2 ne s’apprécie pas partout de la même façon. Ainsi l’ex Midi-Pyrénées fait partie des huit régions françaises qui voient leurs prix chuter avec -3,2 %. Le poids des territoires ruraux avec l’effondrement des prix des résidences secondaires pèse sur cette tendance qui doit donc être analysée avec nuance. Si la région voit ses prix fléchir, la métropole toulousaine affiche des prix en hausse : +3,5 % ces six derniers mois dans le neuf pour un trois-pièces selon le baromètre Trouver-un-logement-neuf.com. Au niveau national, le neuf renoue lui aussi avec la croissance avec 369 500 logements mis en chantier. En Occitanie, la hausse de la construction atteint même 22,7 % soit 46 000 logements notamment sous l’effet de la loi Pinel pour l’investissement locatif. Seule inquiétude pour 2017 : une remontée trop forte des taux qui regripperait le marché.


Toulouse grande gagnante de la reprise

Selon Orpi, la capitale régionale d’Occitanie a su tirer son épingle du jeu en 2016 sur le marché de la reprise immobilière. Avec un prix moyen de vente en baisse de 4 %, le marché a confirmé un retour à des niveaux qui font redémarrer les ventes. Le délai de vente toulousain est d’ailleurs un des meilleurs de France avec 80 jours (contre 97 jours en moyenne, 94 pour Marseille, 77 pour Paris). «Le marché immobilier toulousain a été boosté par un dynamisme économique et une croissance démographique soutenue. Les tarifs de l’ancien se sont stabilisés à des niveaux attractifs. Il existe toutefois de grosses disparités de prix selon les types de biens et les secteurs géographiques» analyse Sidonie Signes de l’agence Orpi Sud transactions.

Sources : http://www.ladepeche.fr/article/2017/01/04/2490230-2016-annee-du-boom-de-l-immobilier.html