En huit ans, le pouvoir d’achat immobilier des Français a grimpé de 29 %

INFO LE FIGARO – Entre 2008 et le premier semestre 2016, les mensualités des Français ont reculé de 22 %, soit une économie de 140 euros par mois, et leur capacité d’endettement a progressé de 35 %, selon une étude du Crédit Foncier.

À l’heure où la remontée des taux immobiliers se fait de plus en plus pressante, les Français ont-ils bien profité de leur baisse? La réponse est oui. En France, un ménage pouvait acquérir, au premier semestre de cette année, une surface supérieure de 29 % à celle qu’il pouvait acheter en 2008, selon une étude du Crédit foncier, dont Le Figaro a pu prendre connaissance. Ce rapport repose sur l’achat d’un logement (neuf ou ancien) financé à 100 % de sa valeur sur une durée de vingt ans. «Grâce à la baisse des taux, le pouvoir d’achat des Français a retrouvé des niveaux qu’on n’avait plus connus depuis le début des années 2000», explique Nicolas Pécourt, du Crédit foncier. Entre 2008, début de la crise financière, et le premier semestre 2016, les mensualités des Français ont ainsi reculé de 22 % – soit une économie de 140 euros par mois – et leur capacité d’endettement a progressé de 35 %.

Les acheteurs ont pu compter, pour cela, sur une baisse de 2,9 points (de 4,8 % en 2008 à 1,9 % au premier semestre 2016) du taux moyen de crédit immobilier et une baisse de 1 % des prix. «Sur la seule année 2016, pour une même mensualité et une durée identique, les Français ont pu emprunter des montants 8 % plus élevés», précise Nicolas Pécourt. Mais les Français sont loin d’être ceux, en Europe, qui en ont le plus profité. Des neuf pays étudiés par le Crédit foncier, c’est en Espagne (+ 87 %) et en Pologne (+ 53 %) que les gains de pouvoir d’achat immobilier sont les plus importants. On peut également ajouter l’Italie (+ 51 %) et le Portugal (+ 33 %). Polonais et Espagnols ont pu en effet bénéficier de très fortes baisses des prix (- 29 % en Espagne et – 34 % en Pologne).

Dans tous les pays européens

À l’inverse, les importantes hausses des prix immobiliers en Allemagne et au Royaume-Uni ont effacé, en partie, la diminution des taux d’intérêt. Conséquence: les gains de pouvoir d’achat s’avèrent plus limités dans ces deux pays (respectivement + 5 % et + 3 %). Il n’empêche: s’il est un autre enseignement à retenir, c’est la baisse spectaculaire des taux d’intérêt dans tous les pays européens. Depuis 2008, ils ont été divisés par deux ou trois, selon les pays. Avec l’Allemagne et le Portugal, la France affiche le taux de crédit moyen sur vingt ans le moins élevé (1,9 %).

Ces taux historiquement bas, alimentés par les politiques monétaires accommodantes des banques centrales, sont une véritable aubaine pour les emprunteurs. Les ménages en ont donc largement profité les six premiers mois de l’année mais également les six suivants. Depuis juillet, les volumes de crédits à l’habitat n’ont cessé de croître pour atteindre en octobre 24 milliards d’euros, selon la Banque de France. Du jamais-vu depuis que l’établissement financier publie ses statistiques. Mais la chute des taux immobiliers touche à sa fin avec la nette remontée des OAT à 10 ans qui est passé de moins de 0,3% il y a deux mois à près de 0,9%. aujourd’hui Et comme le mouvement haussier des prix se confirme, le gain de pouvoir d’achat devrait se transformer en perte.

Source : http://immobilier.lefigaro.fr/article/en-huit-ans-le-pouvoir-d-achat-immobilier-des-francais-a-grimpe-de-29-_1e304b12-c08d-11e6-b6a7-75b5a9a24abf/